vendredi, 28 décembre 2007

Des experts dénoncent la pollution due aux chaufferies à bois

Depuis fin novembre une chaufferie au bois flambant neuve installée avenue Maurice-Thorez, à Achères, alimente les 1 160 logements sociaux des Champs-de-Villars, un centre commercial, un foyer de jeunes travailleurs et un groupe scolaire.

On est donc alerté quand on lit cet article du Monde daté de ce jour. Faut-il s'inquiéter pour la qualité de notre environnement ?

29 décembre 2007  
GRENOBLE ENVOYÉE SPÉCIALE
La plupart des chaudières brûlant du bois échappent à toute réglementation. Pour les autres, les normes en vigueur sont bien moins sévères que pour les incinérateurs à déchets




CHIFFRES

1 400 CHAUFFERIES URBAINES ET 480 CHAUFFERIES INDUSTRIELLES

sont installées en France grâce au programme bois-énergie de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

 

PLUS DE 60 SOCIÉTÉS

organisent et livrent du bois combustible, et plus de 300 organisations institutionnelles et professionnelles interviennent sur ce marché.

 

LA CONSOMMATION DE BOIS REPRÉSENTE 9 MTEP

(millions de tonnes d'équivalent-pétrole) sur les 275 Mtep consommés en France chaque année. Cela a permis de réduire les taux de CO2 du pays de 700 000 tonnes.

 

LA FILIÈRE UTILISE 35 MILLIONS DE

m3 de bois par an, dont 20 millions de m3 d'origine forestière.

 

Le chauffage au bois est-il aussi écologique qu'il en a l'air ? A priori, cette source d'énergie semble parée de toutes les vertus ; elle est notamment considérée comme neutre en matière d'émission de gaz à effet de serre - à condition que l'on replante l'équivalent de ce qui est brûlé. Aussi l'Etat a-t-il encouragé l'expansion des chaudières à bois par l'entremise de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Selon celle-ci, 1 880 chaudières sont aujourd'hui installées sur le territoire national, notamment dans la région Rhône-Alpes, la deuxième du pays en puissance installée.

Or des spécialistes de l'environnement de la région s'inquiètent des émissions nocives dues à la combustion. L'arbre capte en effet tous les éléments contenus dans l'atmosphère et dans le sol et, lorsqu'il est brûlé, on retrouve dans l'air un certain nombre de produits dangereux.

Gabriel Ullmann, expert auprès de la cour d'appel de Grenoble pour les questions d'environnement, n'hésite pas à parler d'une " véritable chape de plomb et de malhonnêteté intellectuelle ". " C'est une véritable bombe à retardement sanitaire qui nous attend, similaire à ce qui s'est passé pour les incinérateurs " de déchets, affirme-t-il. Un risque d'autant plus grave que, contrairement aux incinérateurs installés hors des cités, les grandes chaufferies sont construites en centre-ville, près des écoles, des maisons de retraite, des hôpitaux et des habitations.

" FLOU ARTISTIQUE "

 

M. Ullmann s'alarme du fait que 85 % des chaudières à bois, dont la puissance est inférieure à 2 MW, échappent à toute réglementation. Quant aux autres, même si elles doivent respecter des normes en matière d'émission de polluants, elles sont autorisées à rejeter des effluents en quantités plus importantes que les incinérateurs. Cela concerne les poussières - et notamment celles dont le diamètre est inférieur à 10 microns et qui se logent dans les poumons -, le monoxyde de carbone et les oxydes d'azote et de soufre.

Contrairement aux incinérateurs, aucune valeur limite n'est précisée concernant les émissions de métaux, de dioxine et d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont une grande partie est cancérigène. Au total, " on reste dans un flou artistique ", ajoute M. Ullmann. A tel point que la direction régionale des affaires sanitaires et sociales de Rhône-Alpes s'en est émue et a demandé à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, sa position face à ce risque sanitaire. Sans réponse pour l'instant. D'autres régions (PACA, Centre, Lorraine, Ile-de-France, Picardie) posent la même question.

Marie-Blanche Personnaz, directrice de l'Association pour le contrôle et la prévention de l'air de la région grenobloise (Ascoparg) estime que " l'on risque de tuer le bébé avec l'eau du bain si on ne prend pas des mesures sanitaires dès maintenant ". Selon elle, il serait dommage d'arrêter le développement de la filière énergie-bois pour ne pas avoir su faire face au problème des émissions dangereuses. Déjà, Grenoble et Lyon sont saisies par l'Union européenne en raison d'un taux de poussières trop élevé. " Et, pour les HAP, ajoute-t-elle, Grenoble est proche de la valeur cible imposée par une directive européenne de décembre 2004. "

Les pouvoirs publics sont avertis de la difficulté qui a été abordée lors des discussions du Grenelle de l'environnement. En février, Philippe Richert, vice-président du Sénat (UMP, Bas-Rhin), expliquait déjà, dans un rapport sur la qualité et le changement climatique, que la pollution due à la combustion du bois était une " réalité aujourd'hui méconnue, voire occultée en France ". Et il mettait en avant " la nécessité pour les pouvoirs publics de se saisir à bras le corps de ce problème, pour éviter qu'à l'horizon de dix ans, le bois ne devienne dans notre pays l'un des principaux contributeurs aux émissions les plus toxiques ".

Le blocage est peut-être dû au coût des filtres. Un système minimal renchérit en effet le prix de la chaudière de 20 %. Ce surcoût peut atteindre 100 % si l'on veut arriver au niveau de filtration des incinérateurs à ordures.

Christiane Galus

© Le Monde

jeudi, 26 juillet 2007

Actualités : la reconquête de la Seine

La reconquête de la Seine : un pari en voie d'être gagné

le 26-07-2007 13:45 | Communiqué de presse émis par : Agence de l'Eau Seine-Normandie

Le 29 juin 2007 le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne a inauguré l'unité de traitement des pollutions azotées sur le site de Seine-Aval - Achères - en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre d'Etat, Ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables. La mise en service de cette unité se traduira par une amélioration très sensible de la qualité de la Seine.

En effet, jusqu'alors une grande partie des eaux de l'agglomération parisienne étaient rejetées en Seine sans traitement de l'azote, occasionnant ainsi une importante pollution par l'azote ammoniacal.

Les travaux pour la réalisation de cette unité de traitement azotée ont coûté 450 millions d'euros et l'Agence a apporté un concours financier de 257 Meuros.

La pollution de la Seine
Depuis longtemps l'agglomération parisienne pèse d'un poids considérable sur la qualité des eaux de la Seine mais aussi de la Manche et de la Mer du Nord.

La Seine, au regard de la pression qu'elle subit, est une modeste rivière sur laquelle reposent bien des responsabilités : approvisionner en eau potable une agglomération de plus 8 millions d'habitants et « digérer » la pollution que l'on y déverse !

Un exemple pour illustrer l'importance de cette pression : la totalité des rejets des usines de dépollution du SIAAP figure parmi les tous premiers affluents de la Seine ! Très proches en débit de la Marne et de l'Oise.

La reconquête de la Seine : un pari en voie d'être gagné
En 30 ans, alors que la population de l'Ile de France a été multipliée par 4 (en un siècle) et que l'activité industrielle a été très importante, la dégradation de la qualité de la Seine a non seulement été stoppée mais largement inversée.

Avec la mise en oeuvre de l'unité de traitement des pollutions azotées, c'est encore un grand pas en avant qui vient d'être fait. Cela grâce à l'action conjointe du SIAAP, de l'Agence de l'eau Seine-Normandie et de la Région Ile-de-France.

Le traitement des pollutions azotées
Dès la fin des années 70, la préoccupation de l'Agence fut le traitement de ce polluant. Le SIAAP partageant cette préoccupation l'a d'abord prise en compte dès le début des années 80 sur le site de Valenton et la décision de généraliser ce traitement figure formellement dans le schéma d'assainissement du SIAAP de 1992. C'est aussi a cette époque que furent lancés les travaux de construction de l'usine de Seine-Centre à Colombes (92) qui prend en compte cette même préoccupation. La mise en oeuvre de ce traitement à Seine-Aval fut plus longue car s'intégrant dans un processus de réorientation de ce site où, face au mécontentement croissant des populations riveraines, il a été décidé de réduire sa capacité à 1,5 millions de m3/j en déconcentrant cette usine vers d'autres lieux de traitement. Les études qui ont préfiguré le traitement de l'azote aujourd'hui mis en oeuvre ont été lancées en 1999 sous la maîtrise d'ouvrage de l'Agence de l'eau Seine-Normandie. Les conclusions de cette étude ont été validées en 2000.

C'est sur ces bases que le SIAAP a engagé l'appel d'offre pour la construction d'une unité de traitement des pollutions azotées. Avec l'appui de l'Agence il fut décidé d'intégrer au cahier des charges une option pour une dénitrification partielle, option que le SIAAP a affermie lors de l'attribution du marché faisant ainsi un deuxième pas vers les objectifs fixés par la DERU.

Cette première tranche de dénitrification permet l'élimination de 30 % de la pollution azotée. Elle devra être suivie d'une seconde tranche lui permettant d'atteindre avant fin 2011 un taux d'élimination de la pollution azotée de 70 %. Cette usine sera alors conforme aux prescriptions de la DERU.

La mise en oeuvre de cette unité de traitement des pollutions azotées répond donc à une attente de plus de 20 ans. Elle a bénéficié du concours financier de l'Agence à hauteur de 60 % du coût de l'opération : 40 % de subventions et 20 % d'avances sans intérêt.

Vers le bon état écologique et zéro nuisance
Des objectifs ambitieux de reconquête de la qualité des eaux de surface ont été définis pour tous les pays européens par la directive cadre sur l'eau parue en 2000. Il s'agit d'atteindre le bon état avant 2015. Dans le cas de la Seine, cela nécessite d'aller plus loin que les exigences de la DERU sur l'azote et le phosphore.

Le SIAAP et ses partenaires s'engagent dans cette voie et entendent aussi tenir les engagements pris en 2000 sur la réduction de l'emprise de ce site, la disparition des nuisances environnementales et la baisse des débits traités en intégrant ces objectifs dans l'optique du développement durable.

Cela conduit à un ambitieux projet de refonte de l'usine Seine-Aval qui prendra ainsi définitivement le virage du futur en ce début de 21ème siècle, poursuivant ainsi l'oeuvre engagée voilà plus d'un siècle.

© News Press 2007