lundi, 03 avril 2006
CRISE DE REGIME ?
Mais voilà, l'exaspération est grande, les français à 62% ne sont pas convaincus par le numéro d'équilibriste du Président. Les leaders politiques de l'opposition PS Verts PC et même l'UDF parlent maintenant ouvertement de "crise de régime". François Bayrou interrogé au grand jury RTL faisait part de son inquiétude sur la suite des évènements. Il appelle même de ses voeux un changement de constitution à l'instar de nos camarades de NPS et Rénover Maintenant. Comment va t-on faire pour tenir encore un an ? L'hypothèse improbable de raccourcissement des échéances gagne quelque peu du terrain.Le CPE selon certaines informations pourrait être abrogé. Car il ne peut plus être question de retrait du CPE, maintenant que la loi est promulguée.
La piste de l'abrogation fait partie des options retenues à droite par Nicolas Sarkozy et Bernard Accoyer. Le fait que le PS dépose une proposition de loi en ce sens réduit à mon avis la probabilité que cela survienne. Pour enfoncer le clou et garder un coup d'avance sur les options du gouvernement le PS fait le bon choix. En tant que joueur d'échecs, j'apprécie le sens tactique et politique. Après avoir donné le tempo au travers de la bataille parlementaire, provoqué la faute de l'adversaire (le 49-3), saisi le conseil constitutionnel, appelé à l'arbitrage du Président, demandé le recours à l'article 10 pour une deuxième lecture, je salue nos leaders pour leur agressivité, la justesse d'analyse et l'usage optimal de toutes les ressources d'opposition. Un sans faute réalisé avec le soutien de tous nos partenaires politiques à gauche.Il faut appuyer tous les intéressés : les jeunes lycéens, les étudiants, les salariés, les précaires et les syndicats. Pour autant il est bon de toujours le rappeler : notre communauté d'intérêts ne signifie pas une confusion des genres, une quelconque récupération. Les actions communes se font en toute indépendance des valeurs portées par chaque organisation.
Et Villepin ? Il avoue dans le JDD avoir commis sans doute des erreurs dans l'action. Il est même déclaré hors jeu par François Chérèque le patron de la CFDT. Objectivement à droite Sarkozy sera le seul adversaire désormais. Si la droite ne veut pas sombrer tout à fait, elle devrait éviter l'écueil de l'abrogation. C'est pourquoi je crois plutôt à une remise à plat complète du texte d'ici début mai, par l'UMP qui espère encore et toujours une rupture du front syndical et le pourrissement de la situation. Participer massivement aux manifestations du 4 avril avec toute la gauche est indispensable pour obtenir l'abrogation qui créerait une dynamique encore plus favorable.Le temps presse, attendre jusqu'au mois de mai semble bien long et risqué pour le régime.
Daniel Lattanzio
18:00 Publié dans 3. FRANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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